THÉRAPIE OFF-ROAD (PART. 1/5)

du rêve à la réalité

Nota Bene:
Ce texte a été rédigé par Annie, une de nos clientes lors de notre road trip au Népal en 2022.
Celui-ci n’a pas été modifié afin de conserver toute l’essence de son histoire.

prologue

Qui aurait dit un jour qu’un cancer allait m’enfermer au fond d’un puits sombre ?


Qui aurait cru que peu de temps après ma rémission, je serai sur les routes népalaises, partageant l’intensité d’un moment éternel avec mes road sisters ?  

 

Nul ne sait… Le futur est imprévisible et nous échappe.

Seul le moment présent nous appartient et la moto, son ancrage.

Je ressens les vibrations de la machine, et les secousses de ces routes accidentées sont un rappel à la vie.

J’aime cette poussière dense qui s’élève devant nous, et qui m’embarque dans un autre monde.

Cette boue qui nous salit, mais qui nous arrache de notre quotidien.

Ces rivières inconnues, mais qui nous murmure que c’est le début de l’aventure.

Ici et maintenant, je suis tout et rien à la fois, je suis une poussière, je suis une étoile. 

En ce 15 octobre 2022, un chapitre de ma vie s’ouvre avec mes road sisters avec qui j’ai célébré la vie sur ma Royal Enfield bullet 500 Classic.

De Katmandou en passant par Dhampus et Bhaktapur, nous avons roulé sur des terrains rocailleux, accidentés et boueux.

Nous avons ri, cuisiné, et dansé ensemble.

C’est certain, nous nous sommes déjà connues dans une autre vie.

Une aventure qui est censée durer 2 semaines a fini par perdurer dans nos mémoires.

La vie est ainsi faite, parfois, notre attention se porte vers un message plus qu’un autre, et nous voilà embarquées dans une aventure hors du commun.

Il faut dire que le concept du voyage intitulé « Meet the women of Nepal » m’avais fortement attiré.

Entre femmes, en off-road, sur une terre étrangère, je pressentais qu’il y avait une expérience unique à vivre. 

off road therapy

J’ai échangé avec Alison, fondatrice de FreeW, et conceptrice du road trip et j’ai de suite adhéré aux valeurs qu’elle soutient : sororité, dépassement de soi, aventure et partage.

Peu importe l’expérience qu’on peut avoir à moto, tant que l’envie et la volonté étaient présentes, tout est possible, selon elle.

Cela a rassuré la débutante que je suis.

En réalité, j’avais besoin de vivre une expérience intense, afin de contrebalancer le diagnostic médical qui m’avait laissé sur le carreau un an auparavant.

J’avais besoin de trouver un nouvel équilibre dans ma vie.

Cette aventure, c’est avec Sandrine, une ancienne collègue devenue amie par la suite avec qui j’ai décidé de la partager.

Nous avions passé notre permis moto ensemble, et un an après nous voilà au Népal pour dévorer la vie à pleines dents.

Étant passionnée de voyages, j’ai pu trimballer mon sac à dos aux quatre coins de la planète.

Le Népal ne me faisait pas peur, car j’avais déjà l’habitude de voyager en Asie.

Ce qui me sortait de ma zone de confort de voyageuse solo, c’était plutôt le voyage à moto, et qui plus est en groupe.

Pourtant, en rencontrant Alison, Kerstin, Ellen, Sabrina, et Yurbisha, j’ai su que le courant allait passer.

Nous avions le même goût pour l’aventure et la même volonté de vivre quelque chose d’extraordinaire.

Les mauvaises langues disent généralement que les femmes ne se font pas de cadeaux entre elles… et pourtant… la sororité brillait au sein de l’équipe, tel un diamant au soleil, éclipsant ainsi toutes les idées préconçues.

La seule pluie qui existait à ce moment-là était une pluie d’encouragements, d’entraide et de soutien… Jusqu’à faire pipi ensemble lorsque nous attendions que la route se dégage !

Oui, oui, c’est véridique, je pensais que seuls les hommes pouvaient faire ça entre eux.

J’ai compris pendant ce moment de révélation, la véritable définition du mot sororité.

Même si nous n’avions pas poussé le vice jusqu’à nous tenir la main pendant cette pause, nous sommes devenues des sœurs et une famille était en train de se former au fur et à mesure du voyage. 

Le népal et les népalais

Que dire du Népal, mis à part qu’il ne ressemble à aucun pays d’Asie.

Confiné entre la Chine et l’Inde, ce territoire a vu naître des alpinistes qui sont venus bâtir leur légende dans les montagnes himalayennes.

D’ailleurs, le drapeau népalais que j’affectionne particulièrement se distingue des autres drapeaux par sa forme.

Deux triangles superposés qui font l’objet de diverses explications, mais peu importe la version, je préfère y voir les montagnes himalayennes.

La lune symbolise pour moi la spiritualité des Népalais, et le soleil, le côté solaire et souriant de ce peuple.

La couleur bleue symbolise le froid montagneux, mais aussi la sérénité des Népalais, et enfin la couleur rouge, leur courage et leur fougue.

D’ailleurs les Gurkhas sont des soldats recrutés au Népal par l’armée britannique.

Leur devise « Plutôt mourir que vivre en lâche » fait d’eux des guerriers invincibles, craints et respectés.

off road therapy

Il y aura vraiment une chose que j’ai retenue des valeurs népalaises : leur dévotion.

Nos valeureux chevaliers servants sont: Sushant et Yurbisha (nos road captains), Jnesh sha (notre mécanicien), Bijaya (notre conducteur pour le véhicule de bagages), et Bishal (notre photographe).

Jamais je n’ai ressenti de la lassitude dans leur aide infaillible.

On les sent déterminés, confiants, et valeureux, prêts à nous aider à surmonter nos peurs.

Et j’ajouterai même taquins… N’hésitant pas à se moquer de moi gentiment où à prendre des photos quand je sentais que l’émotion me gagnait.

Ces petites taquineries auront du moins aidé à tisser un lien fort et à me sentir à l’aise avec eux dans n’importe quelles circonstances.

Aucune barrière culturelle n’était présente, car nous parlions le même langage: celui de l’aventure,  du dépassement de soi et de l’entraide.

En parlant de surmonter les difficultés, je sais de quoi je parle.

Les premiers jours en off-road ont été challengeant… très challengeant.